Et Pierre Gauthier prit la porte

Geoff Molson a fini par sanctionner le management désastreux de Pierre Gauthier.

C’était plus que prévisible. A la tête d’une des plus mauvaises éditions du Canadien dans sa glorieuse histoire, Pierre Gauthier a fini par payer les pots cassés, la semaine dernière (pendant mes vacances, d’où le retard de ce blog). Remercié par Geoff Molson, son président, le DG montréalais paie une gestion désastreuse cette année, alors que sa première saison et demi avait plutôt été une réussite.

Une collection d’erreurs
Au chapitre des décisions qui lui sont reprochées, on citera le licenciement de Perry Pearn, puis de Jacques Martin, ou le contrat accordé à Andrei Markov, justifié par la valeur du joueur, mais basé sur des informations erronées sur le retour au jeu proche du défenseur russe, qui n’aura finalement disputé qu’une grosse douzaine de matchs. Sans oublier l’embauche de son désastreux remplaçant, Chris Campoli, l’acquisition d’un Tomas Kaberle qui n’est plus que l’ombre de lui-même, et qui est en outre sous contrat pour encore deux saisons, ou l’échange de Mike Cammalleri, en plein milieu d’un match, pour René Bourque, médiocre depuis son arrivée à Montréal.

Une image entachée
Une liste de bourdes impressionnante, avec, cerise sur le gâteau l’embauche d’un coach unilingue, ce qui a provoqué une impressionnante controverse, qui a forcé Gauthier a affirmer qu’un entraîneur francophone reprendrait la barre la saison prochaine, sapant du même coup l’autorité de Cunneyworth. Mais plus qu’une saison manquée et quelques mauvais échanges, Gauthier a surtout coûté cher à l’image du Canadien, qui avait regagné une respectabilité grâce à Bob Gainey (lui aussi écarté) et parvenait à nouveau à attirer des agents libres. Ce qui n’est pas aisé dans la seule ville francophone de la ligue, où les taux d’imposition sont importants et où l’attention médiatique est plus que soutenue.

Savard appelé en renfort
Personnage hautain, décrit par beaucoup comme un control freak, communicateur désastreux, Gauthier ne laissera pas un grand souvenir aux partisans montréalais. Pour le remplacer, Geoff Molson a donc fait appel à Serge Savard, ancien Hall of famer du Canadien, et ancien directeur général. L’ex défenseur aidera Molson a faire son choix pour déterminer l’identité du prochain DG du Canadien. Les candidats ne manquent pas. Si Vincent Damphousse s’est retiré de la course, on évoque plusieurs noms: Pat Brisson, l’agent de Sidney Crosby, québécois installé à Los Angeles; Marc Bergevin, ancien défenseur NHL et actuel assistant DG des Blackhawks de Chicago; Julien Brisebois, assistant DG de Steve Yzerman à Tampa et ancien vice-président des opérations hockey à Montréal; Pierre McGuire, le consultant de NBC, et ancien coach et assistant coach dans la ligue.

Roy, le favori du public
Mais d’autres noms circulent, et celui de Patrick Roy est le plus souvent cité par les amateurs. L’ancien gardien du Canadien mène une carrière brillante de coach et de DG avec les Remparts de Québec, dans le hockey junior majeur. Son charisme, son tempérament donneraient à n’en pas douter un surcroît de passion à la franchise, parfois un peu trop lisse ces dernières années. Roy serait sans doute plus à son aise dans un rôle de coach. Mais il faudra pour cela lui faire entendre que coach et DG sont deux fonctions différentes. « Casseau » devra mettre de l’eau dans son vin, et ce n’est pas forcément son habitude. La course est donc lancée. De son issue dépendra l’avenir à court terme du Canadien.