Cole, les raisons d’un échange

Erik Cole n'aura même pas passé la moitié de son contrat à Montréal. Quant à Michael Ryder, il fait son retour dans la métropole québécoise.

Erik Cole n’aura même pas passé la moitié de son contrat à Montréal. Quant à Michael Ryder, il fait son retour dans la métropole québécoise.

C’est la première transaction d’envergure de Marc Bergevin. Mardi soir, le DG du Canadien a envoyé Erik Cole à Dallas en retour de Michael Ryder et d’un choix de troisième ronde lors de la prochaine draft. Une décision sur laquelle nous n’avons pas eu le temps de revenir jusqu’à présent, et qui a pu paraître surprenante, car Cole était un vétéran respecté dans le vestiaire du Canadien. Plusieurs raisons peuvent être évoquées pour expliquer ce choix du DG du Canadien

Les états d’âme de Cole

Pendant le lockout, et à la fin de celui-ci, l’ailier américain a plusieurs fois confié son agacement, et même évoqué la retraite, confiant son plaisir de passer du temps en famille. Une menace qu’il n’a pas mise à exécution, mais qui a sans doute amené la direction du Canadien à s’interroger sur la motivation réelle de son joueur. Interrogations qui n’ont pu être levées par le début de saison en demi teinte de Cole. Reste que le joueur trouvait peu à peu la cadence, et qu’on peut imaginer que ce début de saison était lié à l’inactivité du power forward, qui n’avait pas fait le choix d’aller jouer en Europe. On sera également  circonspect sur les allégations de certains médias montréalais, qui n’ont pas hésité à affirmer que le joueur avait un comportement douteux dans le vestiaire, certains allant même jusqu’à le qualifier de prima donna. Des accusations pas franchement en adéquation avec l’image que dégageait le joueur, et les déclarations de ses désormais ex-coéquipiers.

Les difficultés du powerplay montréalais

Il avait démarré la saison sur les chapeaux de roues, dans la foulée d’un Andrei Markov éblouissant. Mais avec le léger coup de pompe du défenseur russe, l’avantage numérique du Canadien a sérieusement baissé de pied, pour descendre en dessous des 20% de réussite. Pour répondre à cette baisse de régime, beaucoup réclamaient l’arrivée d’un vrai tireur d’élite, pour amener plus de variété dans le jeu du Canadien en supériorité numérique, qui tournait trop autour de gros lancers des défenseurs à la ligne bleue. C’est précisément ce que peut apporter Michael Ryder, qui possède l’un des tout meilleurs lancers du poignet de la ligue. L’inconvénient, c’est que Ryder est un joueur beaucoup moins complet que Cole, et si son lancer du poignet est supérieur à celui de l’Américain, il est aussi beaucoup moins performant défensivement, moins physique, moins agressif que Cole. Sportivement, le meilleur joueur de cet échange est indubitablement Cole.

Une décision aussi financière que sportive

L’argument le plus convaincant en faveur de cette transaction est en fait financier. Cole était encore sous contrat pour deux ans après la saison en cours, à un salaire rondelet de 4,5M$ par saison. Un contrat qui pesait lourd dans la masse salariale du Canadien, alors que Ryder, qui est payé moins cher que Cole, est libre en fin de saison. Lors de la conférence de presse qui a suivi l’échange, Marc Bergevin a évoqué la question, indiquant que l’argent libéré servirait à resigner les joueurs actuellement sous contrat avec Montréal. Mais l’on peut imaginer que le DG du Canadien met surtout des cartouches de côté en prévision de cet été. Avec le probable rachat du contrat de Tomas Kaberle, et en resignant l’essentiel des joueurs sous contrat aujourd’hui, Montréal disposera d’une belle enveloppe pour recruter un agent libre, vraisemblablement autour de 11M$. De quoi se mêler à la lutte pour recruter les meilleurs free agents cet été. S’ils ne resignent pas avec leur équipes, des joueurs comme Ryan Getzlaf (Anaheim), Nathan Horton (Boston), David Clarkson (New Jersey), ou surtout Corey Perry (Anaheim), MVP de la ligue voici deux ans. Un nom qui attise beaucoup de convoitise. Parmi les partisans du Canadien, beaucoup ont d’ailleurs noté que Perry avait confessé avoir été un fan de l’équipe montréalaise lorsqu’il était jeune. De quoi enflammer l’imagination des Montréalais…