Season preview 2014-2015 : Calgary Flames

Western Conference – Pacific division

Objectif NulCalgary50

Repêché l’an dernier, le centre ontarien Sean Monahan a épaté tout le monde la saison dernière à Calgary. Avec Sam Bennett, repêché lui en juin dernier, il est l’avenir des Flames.

Depuis 2005, et le repêchage qui a offert Sidney Crosby aux Penguins, il n’y a pas eu un aussi bon timing pour se vautrer dans la médiocrité. Le prodige canadien Connor McDavid est annoncé comme the next big thing, et l’Américain Jack Eichel promet à peine moins que son rival pour le rang de numéro 1 au prochain repêchage. Le nouveau DG des Flames, Brad Treliving, qui a remplacé le désastreux Jay Feaster après un bref intérim du président des opérations hockey de la franchise, Brian Burke, en est pleinement conscient. L’ancien assistant GM des Coyotes n’a pas pour autant choisi de déconstruire son roster, dans une tentative grossière de tanking. Mais on ne peut pas dire qu’il ait fait des efforts considérables pour renforcer son effectif. Les Flames ont vu partir Mike Cammalleri, l’un de leurs rares atouts offensifs l’an dernier. Et leur seule recrue majeure est le gardien suisse Jonas Hiller, qui a montré quelques signes inquiétants l’an dernier. Il doit s’attendre à une saison plus que délicate. Calgary était en effet l’an dernier la 24e défense de la ligue (2,90 buts encaissés en moyenne), et son attaque (23e avec 2,46 buts par match) ne relevait pas franchement le niveau. L’opération reconstruction, entamée la saison précédente par Feaster, sera forcément douloureuse pour la franchise albertaine. Mais elle commence déjà à en récolter les fruits. Repêché en juin 2013, Sean Monahan a été la très belle surprise de l’année, l’an dernier à Calgary. Le centre ontarien, très mature, a inscrit 22 buts pour sa première saison dans la ligue. Et la saison délicate des Flames leur a permis de récupérer un autre jeune talent offensif de premier plan, le centre de Kingston, Sam Bennett, numéro 4 du dernier repêchage. De quoi mettre un peu de baume au cœur des fans de la franchise, qui savent pertinemment que la saison à venir sera délicate. Car comme l’an dernier, et notamment en attaque, Calgary ne fait pas peur à grand-monde. Sans Cammalleri, on se demande en effet qui pourra bien scorer pour les Flames, si d’aventure Sean Monahan était frappé du fameux sophomore slumpMonahan devrait être associé cette saison à l’autre élément offensif intéressant de l’effectif, le Tchèque Jiri Hudler. Meilleur scoreur des Flames l’an dernier, Hudler est un attaquant fin et adroit. Pas au point, cela dit, d’avoir le niveau d’un réel first liner au niveau NHL. Le troisième larron de ce trio sera le rugueux Curtis Glencross, qui, dans une bonne équipe, évoluerait plutôt sur un troisième trio. Sur la deuxième unité, le coach Bob Hartley devrait faire évoluer le Suédois Mikael Backlund et l’ancien des Leafs et des Bruins Joe Colborne. Deux joueurs – surtout Backlund – qui ont connu l’an dernier une certaine progression, mais ne constituent pas encore une menace offensive fiable. Cela pourrait changer si la hype qui entoure leur futur camarade de trio, Johnny Gaudreau, se révèle méritée. L’attaquant petit format a brillé avec Boston College, inscrivant la bagatelle de 80 points en 40 matchs, ce qui lui a valu le sobriquet flatteur et lourd à porter de « Johnny Hockey ». Attention quand même, la marche est haute entre la NCAA et la NHL. Sur la troisième unité, Calgary alignera trois solides joueurs de troisième trio, le nouveau venu Mason Raymond, auteur d’une saison très productive avec Toronto, et deux anciens de la maison, Matt Stajan et David Jones. Le quatrième trio s’annonce aussi riche en talent qu’une équipe de football anglaise de quatrième division, avec des « poètes » comme Brandon Bollig, Lance Bouma ou Brian MacGrattan. A moins que les petits jeunes Sven Baertschi (qui a connu une année compliquée l’an dernier), Max Reinhart, Markus Granlund, voire le 4e choix du dernier repêchage, Sam Bennett. Mais même dans les scénarios les plus optimistes, l’attaque des Flames n’impressionne guère. Il faudra pour cela un peu de patience.

L’absurde contrat de Deryk Engelland
En défense, la situation est tout de même un peu plus reluisante. Mark Giordano confirme, année après année, être un vrai défenseur numéro 1, aussi percutant offensivement que solide dans sa zone. Il devrait être associé à TJ Brodie, un défenseur très agile qui a passé un cap l’an dernier. Les deux joueurs composent une paire mobile au potentiel offensif certains. Sur la deuxième paire, on devrait retrouver Kris Russell, et Dennis Wideman, l’une des dernières incongruités restant du mandat Feaster, qui lui avait consenti un contrat gargantuesque (5 ans à 5,25M$ par saison). Wideman n’est pas un mauvais défenseur, mais ne mérite pas ce type de salaire. Sur la troisième paire, on devrait retrouver l’ancien Oiler Ladislav Smid, toujours solide dans sa zone. Il pourrait être associé au rugueux Deryk Engelland, recruté à un tarif insensé pour un joueur de son profil (2 916 667M$ par saisons sur trois ans!). A moins que les jeunes défenseurs, Tyler Wotherspoon et Patrick Sieloff en tête, ne viennent brouiller les cartes. Cette arrière-garde devra donc protéger un nouveau gardien. Car l’an dernier, ni Kari Ramo, ni Joey MacDonald, ni Reto Berra n’ont su s’imposer. Les deux derniers ont même quitté la franchise, qui a choisi de confier son filer à Jonas Hiller. L’ancien des Ducks a perdu sa place de starter à Anaheim, avant de se voir montrer la porte, il va devoir vite retrouver son niveau si Calgary espère progresser au classement. Pas sûr, cela dit, que cela soit le véritable objectif de la franchise.

L’an dernier:

13e de la conférence Ouest avec 77 points. Meilleurs pointeurs: Jiri Hudler (54 points); meilleur buteur: Mike Cammalleri (26 buts).

Le joueur à suivre: Jonas Hiller

50 matchs l’an dernier. 26 la saison précédente, que le lockout avait écourtée. Et à chaque fois le même scénario, un gardien venu de nulle part qui fragilise son poste de numéro 1. Après Victor Fasth, c’est le Danois Frederik Andersen qui a perturbé le gardien suisse, avant que le jeune et prometteur John Gibson ne se révèle et le convainque le front office des Ducks que la présence de Hiller n’était plus indispensable. Pourtant loin d’être manchot (91,1 % d’arrêts, 2,40 buts encaissés par match), Hiller a donc dû quitter la Californie. Son job sera de donner une chance de gagner à une très faible équipe de Calgary. Et ce alors que terminer à la cave est probablement le meilleur scénario pour les Flames. Compliqué…

La relève: Bennett, une perle de plus

Après la saison de Sean Monahan l’an dernier, il sera difficile de faire aussi bien. Mais Sam Bennett que les Flames ont repêché au 4e rang lors de la dernière draft, n’est pas le plus mauvais candidat. Comparé à Doug Gilmour, son DG à Kingston, Bennett a le profil pour décrocher une place rapidement dans l’effectif des Flames. Mais il n’est pas le seul talent en devenir de l’organisation. En attaque, on citera les petits formats Sven Baertschi (13e overall en 2011) et Johnny Gaudreau (104e overall en 2011), mais aussi le très rapide Québécois Emile Poirier (22e overall en 2013), le très adroit sniper Morgan Klimchuk (28e overall en 2013) entre autres. En défense, c’est plus mince.

Le pronostic de TPPQB

« Aucun risque de voir les Flames en playoffs. Pour l’équipe albertaine, la reconstruction passe même par une saison désastreuse, afin de pouvoir mettre la main sur un véritable franchise player. La vraie question est de savoir quels vétérans quitteront le navire au moment de la trade deadline pour alimenter encore plus la banque de choix de repêchage de Calgary. »