Season preview 2015-2016 : Vancouver Canucks

Western Conference – Pacific division


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Flou artistique

Bo Horvat a réalisé une première saison NHL encourageante. Il sera central dans la reconstruction des Canucks.

Faut-il dire définitivement adieu à un groupe qui, en 2011, a emmené Vancouver en finale de Coupe Stanley pour la première fois depuis 1994? Faut-il tirer un trait sur le talent offensif des frères Sedin, toujours parmi les duos les plus productifs de la ligue? Peut-on vraiment, dans la NHL actuelle, espérer monter une équipe capable d’aspirer aux grands honneurs sans passer par quelques années misérables à collectionner les hauts choix de repêchage? C’est la route qu’ont emprunté les équipes dominantes du moment, Los Angeles et Chicago. C’est aussi celle qu’a tenté, quasiment depuis son arrivée dans la ligue, une équipe comme Florida, ou ce que faisait Edmonton, en pure perte, ces dernières années, jusqu’au repêchage de Connor McDavid. Jim Benning, le DG de Vancouver, et le président des opérations hockey des Canucks, Trevor Linden, déclarent avoir fait un autre choix. Celui d’une voie médiane, une reconstruction on the fly, où l’on tente de monter une équipe compétitive à court terme, grâce à quelques renforts judicieux, afin de tirer le maximum du groupe actuel. Un choix risqué. S’il choisissait d’échanger les frères Sedin, Dan Hamhuis ou Alex Edler, Benning pourrait soutirer une quantité impressionnante de prospects et de choix de repêchage, se donnant ainsi les moyens d’une reconstruction plus rapide.
Mais Benning semble convaincu que son équipe peut encore être compétitive, et que ses vétérans constitueront un encadrement essentiel pour que les plus jeunes progressent dans de bonnes conditions. Il faut dire que, sous la houlette de Willie Desjardins, Vancouver a connu une saison rafraîchissante, engrangeant 101 points, et retrouvant une attaque de haut niveau (8e de la ligue, 2,88 buts par match), alors même que son gardien, Ryan Miller, connaissait une année délicate. Certains jeunes, comme Bo Horvat, ont montré des signes plus qu’encourageants. Ça, c’est pour le verre à moitié plein. Mais en playoffs, les Canucks n’ont pas résisté face aux fougueux Flames, et ont quitté la compétition dès le premier tour. D’où de légitimes inquiétudes sur la capacité de ce groupe a passer rapidement plusieurs tours de playoffs

De l’art de ne pas choisir
Pourtant, l’été a donné l’impression que Benning ne jouait pas vraiment ses cartes à fond, procédant par petites touches, qui laissent l’équipe sans doute moins forte que l’an dernier, sans pour autant avoir donné le signal de la reconstruction. Il a ainsi laissé filer l’emblématique, mais vieillissant Kevin Bieksa à Anaheim pour un retour modeste (un choix de deuxième ronde en 2016), mais a choisi le vieux Ryan Miller au détriment du plus jeune Eddie Lack, envoyé à Carolina pour un retour plus décevant encore (un choix de 3e et un choix de 7e ronde). Il a acquis un centre au solide pedigree NHL, Brandon Sutter (avec un choix de 3e ronde), échangé à Pittsburgh contre Nick Bonino, Adam Clendening et un choix de deuxième ronde. Mais dans le même temps, il a sacrifié Zack Kassian, certes irrégulier, mais tout de même productif, contre un Brandon Prust vieillissant, même si son état d’esprit est admirable. Un jeu dangereux, qui pourrait bien conduire Vancouver à cette position peu enviable de bubble team, pas assez forte pour avoir une vraie chance de faire de belles choses dans la postseason, mais pas assez faible pour hériter de hauts choix de repêchage et mettre la main sur de vrais franchise players. 
Malgré tout, Vancouver devrait pouvoir aligner une équipe compétitive cette année. Sur la première unité, Daniel et Henrik Sedin ont retrouvé toute leur verve l’an dernier, inscrivant près de 150 points à eux deux. Leur complicité a profité à Radim Vrbata, arrivé de Phoenix, et qui a su combiner son opportunisme à la créativité du duo suédois pour récolter 31 buts. Le trio, s’il est un brin soft, n’en a pas moins été l’une des lignes les plus productives de la dernière saison NHL. Derrière, c’est toutefois un brin plus complexe. Le nouveau venu Brandon Sutter pilotera vraisemblablement la deuxième unité, sans doute associé à deux ailiers rapides, Chris Higgins et Jannik Hansen. Une ligne qui a quelques atouts, de l’expérience, mais qui n’a pas un très haut potentiel de scoring, et devra se forger une certaine complicité.

Que fera Baertschi?
Sur la troisième unité, le grand espoir de l’organisation, Bo Horvat, devra confirmer une première saison intéressante. Il pourrait être associé au très agaçant – mais efficace – Alex Burrows, et à l’ailier suisse Sven Baertschi. Acquis en provenance de Calgary en cours de saison, Baertschi était un espoir très coté dans l’organisation des Flames, avant de peiner à se faire une place au niveau NHL. Et ce alors que la concurrence n’était pas franchement redoutable dans la franchise albertaine. C’est un beau reclamation project, un joueur au potentiel intéressant à qui un changement de décor pourrait créer un déclic. Enfin, sur la dernière unité, le robuste et combatif Brandon Prust devrait être associé à un autre costaud, Derek Dorsett, et à Linden Vey, un ancien des Kings sur lequel Vancouver fondait pas mal d’espoirs l’an dernier et qui n’a pas répondu présent. L’ensemble, au-delà de la première ligne, manque de talents marquants.
Mais c’est surtout de la défense que l’on peut attendre une amélioration. L’an passé, les Canucks encaissaient 2,68 buts par match, une moyenne élevée (19e de la ligue), et ce malgré le deuxième PK de la ligue (85,7%). Signe qu’à cinq contre cinq, Vancouver était médiocre sur le plan défensif. Sans parler de l’apport offensif, décevant, affiché l’an dernier par cette arrière-garde, où seul Edler s’est montré capable de passer la barre des trente points. Les Canucks, même privés de Bieksa, comptent pourtant quelques éléments intéressants. Le Suédois Alex Edler est un numéro 1 solide, capable d’encaisser un gros temps de jeu et de produire offensivement. Il devrait être associé à Chris Tanev, un bon puck mover qui a signé un (coûteux) contrat de cinq ans à 4,45M$ par saison. Sur la deuxième unité, le très solide Dan Hamhuis pourrait évoluer avec le Suisse Yannick Weber. Après avoir peiné à trouver sa place en NHL avec Montréal, Weber a réalisé une belle saison l’an dernier avec les Canucks, et son excellent tir a bien servi le powerplay de Vancouver. Sur la troisième unité, l’autre Suisse de l’effectif, Luca Sbisa, fera équipe avec Franck Corrado, à moins que le transfuge des Bruins, Matt Bartkowski, ne s’impose. L’ensemble ne manque pas de qualités, mais semble un peu juste sur le plan défensif, et peu physique.

Interrogations devant le filet
Il faudra pourtant que cette brigade défensive soulage ses deux gardiens. Car le moins que l’on puisse dire c’est que ni Ryan Miller, ni Jacob Markström ne constituent une assurance tout-risque. Le premier, qui devrait être le numéro 1, sort de plusieurs saisons décevantes. D’abord avec les faibles Sabres, puis lors d’un court séjour à St-Louis, l’ex MVP de Team USA aux JO de Vancouver a peiné. Et l’an dernier, c’est une blessure au genou qui est venu perturber sa saison. Du coup, et malgré son lourd contrat (6M$ pour encore deux saisons), on se dit que les Canucks donneront un peu plus de place à sa doublure. Vu comme un futur grand gardien, Markström a longtemps déçu, ne montrant son potentiel que par séquences. Mais l’an dernier, il a brillé sous les couleurs d’Utica, la farm team des Canucks, emmenant les siens en finale de la Coupe Calder. Cela dit, ses stats NHL font peur: 3,19 buts encaissés par match et un pourcentage d’arrêt de 89,6%, c’est faible, même s’il a disputé la majorité de ses matchs dans la grande ligue avec les faibles Panthers.


Le lineup probable

Daniel Sedin (#22) – Henrik Sedin (#33) – Radim Vrbata (#17)
Chris Higgins (#20) – Brandon Sutter (#21) – Jannik Hansen (#36)
Sven Baertschi (#47) – Bo Horvat (#53) – Alexander Burrows (#14)
Brandon Prust – Linden Vey (#27) – Derek Dorsett (#51)
Ronalds Kenins (#41)

Alex Edler (#23) – Chris Tanev (#8)
Dan Hamhuis (#2) – Yannick Weber (#6)
Luca Sbisa (#5) – Franck Corrado (#26)
Matt Bartkowski (#43)

Ryan Miller (#30)
Jacob Markström (#35)

Coach: Willie Desjardins


L’an dernier:

5e de la conférence Ouest avec 101 points. Meilleurs pointeurs: Daniel Sedin (76 points); meilleur buteur: Radim Vrbata (31 buts).

Le joueur à suivre :
Brandon Sutter

Depuis qu’il a été échangé de Carolina à Pittsburgh, l’ancien premier choix des Canes s’est perdu dans l’anonymat. Mais l’an dernier, Sutter a tout de même inscrit plus de 20 buts pour la première fois depuis 2009-2010. C’est peut-être ce qui a conduit Jim Benning à obtenir ses services. Sutter aura la lourde tâche de remplacer Ryan Kesler, parti il y a plus d’un an maintenant, et de constituer une vraie deuxième menace offensive. Vancouver en a grandement besoin pour alléger la pression sur les Sedin, et permettre à Bo Horvat de se développer tranquillement, mais Sutter n’a pas encore prouvé qu’il avait l’étoffe d’un véritable pivot top 6.

La relève : Une nouvelle attaque en gestation

Vancouver n’a pas de franchise player en réserve. Mais les Canucks commencent à disposer d’un prospect pool intéressant, notamment en attaque. On citera le power forward Jake Virtanen (6e overall en 2014), très bon finisseur, le sniper US Brock Boeser (23e overall en 2015), solide et doté d’un excellent tir, le polyvalent Cole Cassels (85e overall en 2013), le playmaker Jared McCann (24e overall en 2014) ou le scoreur petit format Hunter Shinkaruk (24e overall en 2013). Outre Markström, Vancouver peut compter sur un autre bon jeune gardien, le jeune, mais très mature Américain Thatcher Demko (36e overall en 2014). En défense, c’est nettement plus pauvre.

Le pronostic de TPPQB

Imaginer reconstruire une équipe compétitive autour du trio Sedin-Sedin-Edler (plus de 32 ans de moyenne d’âge) peut paraître incongru. Vancouver ferait mieux de trancher dans le vif et d’assumer une reconstruction, histoire de s’éviter les pénibles années qu’a pu connaître une équipe comme Calgary. Reste que cette saison, Vancouver peut se qualifier pour les playoffs. Sans doute avec moins d’aisance que l’an dernier toutefois. On peut s’attendre, avec la concurrence d’équipes qui se sont renforcées, à un net recul dans la hiérarchie de la conférence ouest. Et si d’aventure Miller et Markström ne levaient pas les points d’interrogation qui pèsent sur eux, le recul pourrait être plus sévère encore.