Season preview 2015-2016 : Colorado Avalanche

Western Conference – Central division


Il est temps de grandir

Nathan MacKinnon a fait l’an dernier l’expérience du sophomore slump. Mais le numéro 1 du repêchage 2013 a trop de talent pour ne pas rebondir.

Peut-on faire plus irrégulier et imprévisible que Colorado? Il y a trois saisons, les coéquipiers de Matt Duchene récoltaient un pitoyable total de 67 points. Puis, l’année suivante, avec l’arrivée de Patrick Roy, un impressionnant total de 112 unités. L’an dernier? Un médiocre 90 points, qui n’ont pas permis à l’Avalanche de retrouver les playoffs. Une telle irrégularité est sans  doute le symptôme de la jeunesse de l’équipe, mais elle pose aussi des questions sur sa solidité mentale. Bourrée de talent, la franchise de Denver s’est pourtant, l’an dernier, démarqué par sa grande banalité, notamment sur le plan offensif. Malgré six joueurs à plus de 50 points (Iginla, Landeskog, Duchene, Tanguay, O’Reilly, Barrie), cas unique dans la ligue l’an dernier, l’attaque (2,55 buts par matchs, 22e de la ligue) a crachoté toute la saison. La faute notamment à un powerplay consternant (15%, 29e de la ligue), et aux difficultés de Nathan MacKinnon, qui n’a pas su confirmer sa remarquable première saison, manquant une petite vingtaine de match et inscrivant 25 points de moins que lors de son année rookie. Mais la principale raison de cette faillite offensive réside sans doute dans le rendement plus que médiocre du bottom six. Colorado brille presqu’autant par le talent de ses deux premières lignes que par la médiocrité de ses deux dernières. Difficile, dans ces conditions, d’alléger un peu l’attention soutenue dont font l’objet les deux premiers trios de Patrick Roy.
Cela n’a pourtant pas poussé le DG, Joe Sakic, à révolutionner son alignement. Confiant dans le talent et la maturation de son équipe, « Burnaby Joe » n’a toutefois pas pu retenir Ryan O’Reilly désireux de recevoir un gros contrat et plus de responsabilités. Il a été contraint de l’échanger à Buffalo dans un megadeal qui a donc envoyé le centre canadien et Jamie McGinn à Buffalo, en retour de plusieurs jeunes joueurs, le défenseur Nikita Zadorov, et les attaquants Mikhail Grigorenko et JT Compher, ainsi que le 31e choix du dernier repêchage. Pas un mauvais échange a priori pour Colorado, les trois joueurs en question ayant un potentiel certain, même si Grigorenko tarde à le confirmer. Mais c’est tout de même un échange qui soustrait encore de l’expérience et du leadership à une équipe qui en manque. Colorado s’est tout de même renforcé à court terme avec trois autres joueurs d’impact, l’ailier Blake Comeau(contrat de 3 ans à 2,4 M$ par saison), qui reste sur une très belle saison à Pittsburgh et apportera une menace offensive supplémentaire sur le troisième trio, le centre Car lSöderberg (contrat de 5 ans à 4,75M$ par saison), appelé à remplacer O’Reilly sur le deuxième trio, et l’arrière François Beauchemin (contrat de 3 ans à 4,5M$ par saison) qui arrive pour solidifier la défense.

Le potentiel de Zadorov
Beauchemin aura du pain sur la planche pour redonner un peu plus de consistance à une défense des Avs qui n’a pas franchement brillé l’an dernier (21e défense NHL avec 2,72 buts par match), malgré un très solide PK (5e de la ligue avec 84,6% d’efficacité). Le Québécois devrait constitueravec Brad Stuart une paire très expérimentée sur le deuxième duo de Colorado. Deux joueurs qui brillent par la qualité de leur jeu défensif, et leur implication physique, même si Beauchemin est aussi capable d’apporter une contribution offensive de qualité. Sur la première paire, on retrouvera Erik Johnson et Tyson Barrie. Le premier, ancien premier choix overall en 2006, a mis beaucoup de temps à confirmer ses promesses, mais depuis deux saison, il semble sur la bonne voie. Après avoir inscrit 39 points il y a deux ans, Johnson avait démarré l’année sur les chapeaux de roue, avant de voir sa saison interrompue par une blessure au genou qui lui a fait rater les 34 derniers matchs. C’est aujourd’hui un solide numéro 1, aussi à l’aise dans sa zone qu’en attaque. Il devrait évoluer avec la révélation de ces dernières saisons à Colorado, Tyson Barrie. L’ancien des Kelowna Rockets est un excellent puck mover, rapide et fluide et très présent sur la feuille de pointage (8e meilleur scoreur l’an dernier parmi les défenseurs). Sur la troisième unité, le nouvel arrivant Nikita Zadorov amènera sa grande carcasse et son jeu tout en puissance, sans doute associé à Zach Redmond, un arrière costaud qui dispose d’un bon lancer et reste sur une saison intéressante (20 points en 59 matchs). A moins que Nick Holden, plus fruste, mais doté d’un solide gabarit, ne s’impose ou que l’ancien Coyote Brandon Gormley, acquis mercredi par l’Avalanche, ne confirme tout le talent qu’on lui prête. On surveillera de près l’évolution de Zadorov, un arrière qui dispose d’un énorme potentiel.
Cette défense new look devra protéger un duo de gardien qui n’a pas tout fait pour rassurer son hall of famer d’entraîneur l’an dernier. Semyon Varlamov, le titulaire, sortait d’une énorme saison, qui avait en grande partie contribué au retour de l’Avalanche en playoffs. L’an dernier, le Russe a été solide, mais moins étincelant, notamment du fait d’une blessure à l’aine. Son remplaçant, le Suisse Reto Berra a, lui, peiné, et la confiance que lui porte Patrick Roy semble friable. On a par contre vu quelques bonnes choses de la part du jeune Calvin Pickard, mais il est loin de pouvoir prétendre concurrencer Varlamov.

Un bottom six trop faible
En attaque, Colorado ne manque pas d’atout, à commencer par sa première ligne Landeskog-Duchene-MacKinnon, l’une des plus rapides de la ligue. Landeskog a connu une saison en dent de scie, avec un démarrage lent, puis une superbe fin de saison. C’est un ailier rapide, puissant et travailleur, qui assume avec bonheur, malgré son jeune âge, le rôle de capitaine. Matt Duchene, est lui un centre de grand talent, mais sa production offensif fluctue beaucoup d’une année sur l’autre. Enfin, Nathan MacKinnon avait ébloui la ligue lors de son année rookie. Le brillant attaquant originaire d’Halifax a toutefois connu une deuxième saison compliquée, frappée du sceau du sophomore slump. Il devrait rebondir cette année et reprendre une progression qui devrait le mener parmi l’élite des attaquants de la ligue. Sur la deuxième unité, Carl Söderberg, le nouvel arrivant, pourrait être associé à deux vétérans, Alex Tanguay et Jarome Iginla. Le premier demeure, à 35 ans, un des meilleurs ailiers-passeurs de la ligue. Quant à Iggy, il a tout simplement été l’attaquant le plus productif de Colorado l’an dernier. Puissant et adroit, l’ancien capitaine des Flames demeure un atout de poids pour la franchise. Mais le temps presse pour lui, et il a besoin que son équipe redevienne rapidement compétitive. Sur la troisième unité, le nouveau venu, Blake Comeau, apportera sa vitesse et son potentiel offensif. Il devrait évoluer avec John Mitchell, un centre travailleur mais lent et limité, et Dennis Everberg, un free agent suédois gros gabarit, mais dont le potentiel offensif ne semble pas exceptionnel. Sur le quatrième trio, l’enforcer Patrick Bordealeau évoluera avec un autre costaud, Cody McLeod, et peut-être Mikhail Grigorenko. Le Russe a énormément de talent, et l’on peut espérer que ses retrouvailles avec Patrick Roy, qui l’avait coaché à Québec, dans la LHJMQ, le remette sur le droit chemin. Car pour le moment, « Grigo » ressemble plus à un bust qu’au brillant espoir qu’il était il y a trois ans.


Le lineup probable

Gabriel Landeskog (#92) – Matt Duchene (#9) – Nathan MacKinnon (#29)
Alex Tanguay (#40) – Carl Söderberg (#34) – Jarome Iginla (#12)
Blake Comeau (#14) – John Mitchell (#7) – Dennis Everberg(#45)
Cody McLeod (#55) – Mikhail Grigorenko (#25) – Patrick Bordeleau (#58)
Marc-André Cliché (#24)

Erik Johnson (#6) – Tyson Barrie (#4)
François Beauchemin (#32) – Brad Stuart (#17)
Zach Redmond (#22) – Nikita Zadorov (#16)
Nick Holden (#2)

Semyon Varlamov (#1)
Reto Berra (#20)

Coach: Patrick Roy


L’an dernier:

11e de la conférence Ouest avec 90 points. Meilleurs pointeurs: Gabriel Landeskog et Jarome Iginla (59 points); meilleur buteur: Jarome Iginla (29 buts).

Le joueur à suivre :
Carl Söderberg

C’est une drôle de succession que devra assurer l’ancien joueur des Bruins. Pas conservé par la franchise du Massachussets trop contrainte par le salary cap, Carl Söderberg a pris la direction du Colorado, où on l’a gratifié d’un contrat de cinq ans à 4,75M$. Il aura la lourde tâche de remplacer Ryan O’Reilly. En deux saisons avec Boston, Söderberg n’a jamais atteint la production de « RO’R ». Clairement, le Suédois n’est pas aussi fort que le Canadien. Mais doit pouvoir assurer le rôle de deuxième centre et apporter son écôt offensif à l’Avalanche.

La relève :
Tout pour l’attaque

Avec les difficultés de Duncan Siemens (11e overall en 2011), Colorado compte ses prospects défensifs de valeur sur les doigts d’une main.  Le défensif Chris Bigras (32e overall en 2013) est le mieux placé, et on pourrait citer aussi le beaucoup plus offensif Stefan Elliott (49e overall en 2009). Mais à 24 ans, le temps presse pour ce dernier. C’est donc en attaque que l’on retrouve les meilleurs espoirs de Colorado. A commencer par le dernier arrivé, le gros ailier finlandais Mikko Rantanen (10e overall en 2015), qui a tout pour devenir un ailier scoreur de premier trio. On citera aussi Mikhail Grigorenko (12e overall en 2012, repêché par Buffalo), du talent plein les mains, mais un mental suspect; Conner Bleackley (23e overall en 2014) , un solide centre two way; le malchanceux Joey Hishon (17e overall en 2010), que les commotions cérébrales ont sans doute privé d’une carrière de joueur top 6 dans la ligue; et le nouvel arrivant JT Compher, petit gabarit, mais solide scoreur (35e overall en 2013, repêché par Buffalo). Beaucoup de talent, donc, mais aussi beaucoup de points d’interrogation.

Le pronostic de TPPQB

Colorado manque de profondeur en attaque, et ce n’est pas la seule arrivée de Comeau qui résoudra le problème. Pour cela, l’Avalanche a besoin que ses jeunes passent un cap. La franchise a aussi besoin de plus de constance de ses jeunes talents offensifs qui se sont déjà imposés au niveau NHL. Dans une conférence Ouest dense, et dans une division centrale très concurrentielle, il faudra que tout fonctionne pour que Colorado retrouve les playoffs. Sauf si l’Avalanche nous rejoue l’improbable scénario de la saison 203-2014. Avec autant de talent et un coach aussi explosif que Roy, tout est possible.