Season preview 2015-2016 : Nashville Predators

Western Conference – Central division


 

 

Encore plus belle , Lavy?

 

En une saison, Peter Laviolette a métamorphosé les Predators, passés du fin fonds du classement au top 6 de la Ligue.

Après la révolution, les Predators comptent sur l’évolution. L’an dernier, David Poile, le DG avait procédé à plusieurs changements d’importance, notamment les arrivées de Mike Ribeiro, de James Neal, et celle de l’entraîneur, Peter Laviolette. Associés à la progression de plusieurs jeunes et à la résurrection de Pekka Rinne, ces changements ont complètement relancé l’équipe du Tennessee, qui a retrouvé les playoffs après une saison de plus de 100 points, avec, clairement, l’empreinte du coach américain, qui a conduit les Predators à sortir de leur coquille et à proposer un jeu plus porté vers l’avant. Du coup, David Poile a choisi de privilégier la continuité, conservant l’essentiel de son effectif, mis à part Cody Franson et Mike Santorelli, arrivés en cours de saison. Et pour se renforcer, le DG des Preds a tenté de recruter malin, avec d’abord Barret Jackman (contrat de 2 ans et 2M$), défenseur historique des Blues que St Louis a fait le choix de ne pas renouveler. Après avoir relancé Ribeiro l’an dernier, Nashville tentera de faire de même avec Cody Hodgson, ex-grand espoir des Canucks, qui s’est perdu à Vancouver, puis à Buffalo. Le centre canadien restait sur une saison catastrophique (13 points seulement), au point que les Sabres ont choisi de racheter son contrat. Il s’est ensuite engagé pour un an et 1,05 M$ avec les Predators. Enfin, David Poile a pioché dans le championnat russe, en signant Steve Moses (1 an, 1 M$), un ailier américain petit format qui a scoré énormément avec Jokerit Helsinki, l’an dernier en KHL.

Hodgson, Moses, Fiala, du sang neuf en attaque
Ces deux derniers renforts pourraient contribuer à la montée en puissance de l’attaque des Predators, libérée par l’arrivée de Peter Laviolette. 19e de la ligue avec 2,62 buts par matchs lors de la saison précédente, Nashville a grimpé au 12e rang des attaques l’an dernier avec 2,76. Et ce alors que le powerplay a peiné toute la saison (25e de la ligue avec 16,2% de réussite). Une attaque qui sera conduite par le trio Filip Forsberg – Mike Ribeiro – James Neal. Le centre québécois s’est bien relancé l’an dernier, et a donc logiquement choisi de resigner avec Nashville (contrat de deux ans à 3,5M$ par saison). Ce remarquable playmaker sera au service de deux fines gâchettes. Le jeune Suédois Filip Forsberg, auteur d’une remarquable saison rookie (lire ci-contre), devra confirmer. Quant à James Neal, il a tenu son rang de buteur pour sa première saison avec les Preds avec 23 unités en 67 matchs. La deuxième unité s’appuiera sur le vétéran Mike Fisher, un centre très travailleur et intense. Il sera chargé de servir deux joueurs qui ont passé l’an dernier le palier des 20 buts. Craig Smith d’abord, un ailier intelligent, excellent en un contre un et qui montre une belle adresse devant la cage adverse. Quant à Colin Wilson, il n’a pas vraiment répondu aux attentes de Nashville, qui l’avait choisi au 7e rang overall en 2008, alors qu’on le projetait comme un centre de premier trio potentiel. Il semble plus à l’aise à l’aile, et progresse lentement. L’an dernier, il a semblé passer un cap offensif. Il doit devenir une menace plus régulière qu’il ne l’est aujourd’hui. Sur la troisième unité, on devrait retrouver Cody Hodgson, associé au petit, mais talentueux jeune Suédois Calle Jarnkrok. Subtil playmaker, Jarnkrok a connu une première vraie saison NHL moyenne (18 points). A lui de se rendre plus indispensable, car sinon, il sera vite sous la menace des jeunes espoirs de l’organisation. A l’aile gauche, on devrait retrouver Eric Nystrom, un ailier two way très bagarreur. Le quatrième trio devrait, lui, être pivoté par Paul Gaustad, gros centre défensif qui semble plutôt sur le déclin. Il pourrait être associé à Gabriel Bourque, un ailier petit gabarit, mais doté d’une énorme volonté, très courageux et batailleur, et au nouveau venu Steve Moses. A moins que le petit, mais ultra talentueux Kevin Fiala ne s’impose. L’ensemble compte peut de joueurs de très haut niveau, mis à part Forsberg, mais ne manque pas de densité.

Josi, à la hauteur de Suter
Reste que la véritable force de Nashville, avec Peter Laviolette comme avec son prédécesseur, Barry Trotz, c’est sa défense, menée par Shea Weber. Le défenseur canadien, régulièrement finaliste du trophée Norris, mais curieusement jamais récompensé, est un des plus solides arrières du circuit, aussi dur et solide dans sa zone que dangereux en zone offensive, notamment du fait de son énorme lancer, l’un des plus lourds, si ce n’est le plus lourd du circuit. Il est associé au très intelligent défenseur suisse Roman Josi, qui a pris, petit à petit, la mesure du rôle de défenseur numéro 2, et est aujourd’hui un successeur tout à fait crédible pour Ryan Suter. Sur la deuxième unité, deux anciens choix de première ronde, Seth Jones, et Ryan Ellis. Le premier est un athlète remarquable, grand, puissant, fluide, et très à l’aise avec le puck. Il a connu une progression certaine sur sa deuxième saison NHL, sans forcément beaucoup augmenter sa production offensive, mais en haussant singulièrement la qualité de son jeu défensif. Il sera associé au très offensif Ryan Ellis, un remarquable powerplay quarterback, qui manque toutefois un peu de présence défensive. Sur la troisième unité, on retrouvera la présence rassurante de Barret Jackman, spécialiste défensif reconnu, associé à un autre excellent puckmover, le Suédois Mattias Ekholm. L’ensemble constitue un des groupes de défenseurs les plus intéressants de la ligue, avec pour point commun (à part Jackman), beaucoup d’aisance pour remonter le puck et faciliter la transition du jeu.
Mais malgré cette qualité défensive certaine, l’atout numéro 1 des Predators sera, une fois encore, son remarquable gardien Pekka Rinne. Après plusieurs saisons perturbées par les blessures, le Finlandais a retrouvé toute sa verve l’an dernier, et a même longtemps paru capable de concurrencer Carey Price pour le trophée Vezina, alors que le gardien montréalais réalisait une saison historique. On espère, pour les Preds, que la santé de Rinne ne lui fera pas défaut. Car sa doublure, Carter Hutton, n’est pas un mauvais gardien, mais il n’est clairement pas dans la même catégorie que son starter.


Le lineup probable

Filip Forsberg (#9) – Mike Ribeiro (#63) – James Neal (#18)
Colin Wilson (#33) – Mike Fischer (#12) – Craig Smith (#15)
Eric Nystrom (#24) – Calle Jarnkrok (#19) – Cody Hodgson (#11)
Gabriel Bourque (#57) – Paul Gaustad (#28) – Steve Moses (#21)
Kevin Fiala (#56)

Shea Weber (#6) – Roman Josi (#59)
Seth Jones (#3) – Ryan Ellis (#4)
Barret Jackman (#5) -Mattias Ekholm (#14)
Victor Bartley (#64)

Pekka Rinne (#35)
Carter Hutton (#30)

Coach: Peter Laviolette


L’an dernier:

3e de la conférence Ouest avec 104 points. Eliminé au premier tour des playoffs par les Chicago Blackhawks (4-2). Meilleur pointeur et buteur: Filip Forsberg (63 points, 26 buts).

Le joueur à suivre :
Filip Forsberg

On se demande encore ce que l’ancien DG, des Caps, George McPhee avait dans la tête lorsqu’il a échangé le talentueux Suédois aux Preds contre un vieillissant Martin Erat. Annoncé comme l’un des quatre meilleurs joueurs de sa cuvée (2012), Forsberg avait déjà été négligé par plusieurs équipes, qui s’étaient focalisées sur les défenseurs. L’an dernier, il a dû donner des regrets à pas mal de monde, s’imposant avec aisance sur la première ligne de Nashville et dominant le classement des buteurs de la franchise. Puissant, rapide, adroit, Forsberg a tout d’un ailier de premier trio. Il devra cette année éviter le sophomore slump et confirmer de s’affirmer comme un leader offensif pour Nashville.

La relève :
A l’aile, la vie est belle

La plupart des meilleurs jeunes des Predators seront dans le roster NHL cette saison (Forsberg, Jones ou même Jarnkrok). Le principal talent restant est Kevin Fiala (11e overall en 2014), un ailier suisse hyper talentueux, qui devrait avoir sa chance assez rapidement à l’étage supérieur. La grande majorité des autres espoirs intéressants sont des ailiers: les Russes Vladislav Kamenev (42e overall en 2014) et Yakov Trenin (55e overall en 2015), et les Américain Jim Vesey (66e overall en 2012) et Austin Watson (18e overall en 2010), un gros gabarit qui est tout près de la NHL. A part Fiala et peut-être Watson, aucun ne semble toutefois avoir l’étoffe d’un véritable joueur de top 6 dans la grande ligue. Pour les autres postes, tout juste citera-t-on le puck moving defenseman Jack Dougherty (51e overall en 2014) et le gardien finlandais Juuse Saros (99e overall en 2013).

Le pronostic de TPPQB

Si Pekka Rinne ne se blesse pas, rien n’indique que les Predators puissent être sujet à un recul. Plus équilibrée que par le passé, l’équipe du Tennessee a les moyens de gêner beaucoup de monde. Peter Laviolette devra simplement mieux gérer sa fin de saison, qui avait, l’an dernier, été poussive, et avait mis les Predators sur le mauvais rythme pour aborder les playoffs. Cette année, Nashville devrait être à la lutte avec St Louis pour la tête de la division centrale. Mais une fois en playoffs, avec la qualité de l’opposition dans la division centrale, rien n’est garanti.