Season preview 2016-2017 : Chicago Blackhawks

Western Conference – Central division


Réinvention permanente

 

Meilleur pointeur et deuxième marqueur de la ligue, trophées Hart et Ted Lindsay, Patrick Kane a connu une saison 2015-2016 exceptionnelle… jusqu’à ce qu’elle soit interrompue dès le premier tour des playoffs par les Blues.

C’est une saignée sans fin qui touche les Blackhawks. Tous les étés, la franchise de l’Illinois voit quelques uns de ses soldats forcé de déserter. La faute au salary cap, qui oblige le DG Stan Bowman a trancher dans le vif à intervalle régulier. Cet été, c’est le prometteur Finlandais Teuvo Teräväinen qui a dû être sacrifié, envoyé aux Hurricanes avec Bryan Bickell, en retour d’un choix de 2e ronde en juin dernier, et d’un de troisième ronde en juin prochain. Un deal déséquilibré qui s’explique par la nécessité pour Chicago de se défaire du contrat de Bickell (4M$ pour une saison). Tomas Fleischmann, Dale Weise, et surtout Andrew Ladd, acquis à la trade deadline, n’ont pu être conservés, mais c’était attendu. Ce qui l’était moins, c’est le départ du précieux Andrew Shaw, avec qui les négociations salariales n’ont pas abouti et qui a été envoyé à Montréal en retour de deux choix de deuxième ronde en juin dernier. Avec ces trois départs, ce sont quasiment deux lignes offensives entières qui disparaissent, sans pouvoir être remplacées, puisque le seul attaquant à avoir rejoint les Hawks est Jordin Tootoo (1 an, 750 000$), qui n’a pas vocation à jouer plus haut qu’un quatrième trio. Pour composer son attaque, Joel Quenneville va donc devoir se montrer inventif, et sans doute faire confiance à la jeune génération. Car le manque de profondeur  offensive ne pardonne guère en NHL.
Mais Bowman n’a guère le choix. Si l’on additionne les salaires de ses trois premiers attaquants (Kane, Toews et Hossa), ceux de ses trois premiers défenseurs (Seabrook, Keith et Hjalmarsson) et celui de son gardien partant (Crawford), on atteint près de 49M$ annuels pour sept joueurs. Il reste donc 24M$ à répartir entre les douze autres titulaires et quatre remplaçants, tout en se gardant une petite marge en cas de coup dur. Difficile, donc, de faire autre chose que du bricolage pour apporter de la profondeur.
Pour l’attaque, Bowman s’est donc contenté de resigner Richard Panik, acquis début janvier et a fait le pari que ses jeunes joueurs combleraient les trous. En défense, le DG des Hawks a par contre choisi d’investir, rapatriant Brian Campbell à un tarif singulièrement réduit (1 an à 1,5M$), et attirant le convoité défenseur tchèque Michal Kempny, auteur d’un bon mondial (1 an, 700 000$).
Un été plutôt au rabais, donc – même si les Hawks ont tenté  en vain d’attirer Jimmy Vesey, qui a préféré rejoindre les Rangers -, qui fait suite à une saison tour à tour enthousiasmante grâce notamment à la révélation de l’ailier russe Artemi Panarin et à la brillante prestation de Corey Crawford, puis décevante en playoffs. Chicago s’est en effet cassé les dents sur St. Louis dès le premier tour, un échec précoce difficile à digérer pour une franchise qui restait sur deux Coupes Stanley et une finale de Conférence lors des trois dernières saisons.

Anisimov, l’autre bonne surprise
capchiAvec une équipe diminuée Chicago aura sans doute du mal à faire aussi bien que l’an dernier sur le plan offensif. 6e attaque de la ligue avec 2,85 buts par match, les Hawks s’appuyaient notamment sur un powerplay létal (2e de la ligue avec 22,6% d’efficacité), conduit par un Patrick Kane dominant (37 points en avantage numérique, meilleur scoreur de la ligue avec 7 points d’avance sur le 2e). Le petit Américain sera une nouvelle fois, cette année, l’atout offensif numéro 1 des Chicagoans. L’an passé a été sa meilleure saison en carrière, et lui a permis d’établir ses records personnels de buts (46), de passes (60) et de points (106). De quoi faire de lui le meilleur scoreur de la NHL, et lui offrir les trophées Hart et Lindsay de meilleur joueur de la ligue. Rapide, créatif, diaboliquement habile avec le puck sur sa palette, Kane n’a toutefois pas été aussi dominant en séries (7 points en 7 matchs). Il devrait être associé, comme l’an dernier, au binôme russe Panarin-Anisimov. Le premier (lire ci-contre) s’est révélé un atout offensif de première force, tout en finesse et en technique. Le second, arrivé de Columbus dans l’échange de Brandon Saad, a apporté une touche physique et une intensité bienvenue à ce trio. A 27 ans, le gros gabarit russe semble arriver à maturité. Très complémentaire de ses deux talentueux partenaires, il en a profité pour inscrire 20 buts pour la deuxième fois de sa carrière.
Sur la deuxième unité, on devrait retrouver le capitaine des Blackhawks, Jonathan Toews. Le centre canadien est l’un des meilleurs joueurs two way de la ligue et l’un des plus compétitifs. L’an dernier, il a une nouvelle fois frôlé les 30 buts (28), mais a connu un petit recul de son nombre de passes. Il évoluera avec l’ailier slovaque Marian Hossa, qui a, lui, connu un net déclin de sa production l’an dernier, passant de 61 à 33 points. La faute, en partie, aux blessures, qui lui ont fait rater une petite vingtaine de matchs. Toujours aussi solide dans les deux sens de la patinoire, il a par contre réalisé de solides playoffs (5 points en 7 matchs). Ce trio pourrait être complété par le jeune et talentueux Nick Schmaltz, un choix de première ronde des Hawks en 2014 (20e overall). Schmaltz est un petit playmaker, rapide et très adroit, qui se distingue par sa lecture du jeu et son intelligence. Il sort d’une très belle saison avec l’Université du Dakota du Nord, conclue par un titre NCAA. Il aura de bonnes chances, lors du camp, de gagner une place dans le top 9 des Hawks, d’autant qu’il est polyvalent et peut évoluer aussi bien à l’aile droite qu’au centre.
Le troisième trio pourrait accueillir un autre espoir de l’organisation, le très teigneux Ryan Hartman. Pour sa deuxième saison professionnelle, Hartman a confirmé ses qualités avec Rockford, et s’est offert un petit séjour de trois matchs avec le grand club. Malgré son petit gabarit, il a un style abrasif, tout en provocation, sans oublier de jouer au hockey. Il pourrait évoluer avec le Suédois Marcus Kruger, un checking center petit format, mais très responsable, qui a raté la moitié de la saison dernière à cause d’une blessure au poignet. Et à l’aile droite, on pourrait retrouver Richard Panik, un ailier tchèque rapide et créatif, mais au rendement offensif est limité (17 points pour sa meilleure saison NHL). Sur la quatrième unité, on devrait voir évoluer l’agitateur Jordin Tootoo associé à Andrew Desjardins, un centre costaud et énergique, et peut-être à Mark McNeill. McNeill est un ancien choix de première ronde, qui a connu une progression lente, mais constante depuis son arrivée chez les professionnels. Il aura cette saison la quasi obligation de s’imposer au niveau NHL, car il est en fin de contrat. C’est un attaquant solide, intelligent, et doté d’un bon lancer, mais qui manque un peu de vitesse.  L’ensemble paraît bien déséquilibré entre le top 6 de très haut niveau, et un bottom 6 bien moyen. Chicago va avoir besoin que tous les jeunes joueurs sollicités répondent aux attentes. A moins que Bowman ne fasse un nouveau tour de passe passe pour aller chercher un peu de profondeur à moindre frais sur le marché des agents libres d’ici le début de saison.

Campbell II, le retour
Chiffre_CHIEn défense, les Hawks ont déjà nettement plus de certitudes. Solide, sans être exceptionnelle l’an dernier (2,52 buts encaissés en moyenne, 10e de la ligue), la défense chicagoane a surtout souffert sur le PK, indigne d’un candidat aux grands honneurs l’an passé (80,3%, 22e de la ligue). Elle s’appuiera, comme à son habitude, sur l’excellence du duo Keith-Seabrook. Après une saison de très haut niveau, couronnée par un trophée Conn Smythe de meilleur joueur des playoffs 2015, Keith a connu quelques ratés l’an dernier, la faute aux blessures et aux suspensions, qui lui ont coûté une quinzaine de matchs. Ce qui n’a pas empêché le Manitobain de quasiment égaler ses scores de la saison régulière précédente. Rapide, dur, adroit, il fait partie des défenseurs d’élite de la ligue, d’autant que son niveau de jeu s’élève encore en playoffs. Il connaît en outre à la perfection son binôme, Brent Seabrook. Prolongé 8 ans à l’automne dernier (pour un total de 55M$), le roc défensif des Hawks a répondu en réalisant la meilleure saison offensive de sa carrière, inscrivant 49 points, dont 14 buts. De quoi s’insérer dans le top 15 des marqueurs à son poste dans la ligue.
Sur la deuxième paire, le spécialiste défensif Niklas Hjalmarsson fera équipe avec Brian Campbell. Hjalmarsson est une valeur sûre, capable d’encaisser un temps de glace important. Campbell, lui, revient au bercail après un contrat juteux avec Florida. S’il n’est plus le puck mover de haut niveau qu’il était lors de son premier passage à Windy City, il est tout de même capable, bon an mal an, d’apporter une trentaine de points à son équipe en sus d’une bonne dose d’expérience. A 37 ans, il est encore tout à fait capable d’évoluer dans un top 4 NHL.
La troisième paire devrait, elle, être emmenée par Michal Roszival, un autre vétéran qui, lui, commence à faire son âge. L’an dernier, le Tchèque de 38 ans n’a disputé qu’une cinquantaine de parties en saison régulière, avant d’être mis à l’écart lors des trois derniers matchs des playoffs. Il sera certainement soumis à la concurrence des plus jeunes, à commencer par Trevor Van Riemsdyk, le frère de l’ailier star des Leafs, qui a disputé l’an dernier sa première saison complète au niveau NHL. Grand et costaud, il dispose d’un excellent lancer. A 25 ans, il a tout du late bloomer, reste à voir jusqu’où il pourra progresser. Signature estivale, Michal Kempny visera lui aussi une place dans le top 6 des Hawks. Ce puck mover petit format a pour lui une solide expérience dans la KHL et avec l’équipe nationale tchèque. Mais il devra s’adapter au jeu NHL où les joueurs de son style sont souvent rudoyés à leurs débuts.
L’ensemble paraît solide, même si le troisième binôme est une belle coche en-dessous du top 4. Et cette défense aura la chance de compter sur un gardien en pleine progression. Corey Crawford a démontré depuis ses débuts NHL qu’il avait du talent, mais pas toujours la constance. L’an dernier, il a semblé franchir un palier important, au point que son nom a été murmuré pour une nomination au trophée Vezina. Le Montréalais affichait en effet de solides statistiques (92,4% d’arrêt, 4e parmi les gardiens numéro 1, et 2,37 buts encaissés en moyenne, 13e NHL), et semble désormais capable de répéter régulièrement ce genre de performances. Sa doublure, Scott Darling, a bien tenu son rang l’an dernier, et offre une solution de repli très convenable.


Le lineup probable

Artemi Panarin (#72) – Artem Anisimov (#15) – Patrick Kane (#88)
Marian Hossa (#81) – Jonathan Toews (#19) – Nick Schmalz (#14)
Ryan Hartman (#38) – Marcus Kruger (#16) – Richard Panik (#14)
Mark McNeill (#41) – Andrew Desjardins (#11) – Jordin Tootoo (#22)
Brandon Mashinter (#52)

Duncan Keith (#2) – Brent Seabrook (#7)
Niklas Hajlmarsson (#4) – Brian Campbell (#51)
T. Van Riemdsyk (#57) – Michal Roszival (#32)
Michal Kempny (#6)

Corey Crawford (#50)
Scott Darling (#17)

Coach: Joel Quenneville


CHICAGO BLACKHAWKS
Création: 1926
Ancien nom: Chicago Black Hawks
Propriétaire: Chicago Blackhawk Hockey Team, Inc., depuis 1954. Dirigé par Rocky Wirtz depuis 2007
Patinoire: United Center
Palmarès: 6 Stanley Cups (1934, 1938, 1961, 2010, 2013, 2015)
Equipe affiliée AHL:
Rockford Ice Hogs

L’AN DERNIER
3e
de la Conférence Ouest avec 103 points.
Eliminés au premier tour des playoffs par les Blues de St Louis (4-3).
Meilleur pointeur et buteur: Patrick Kane (106 points, 46 buts).

Le joueur à suivre : ARTEMI PANARIN

Il a beau être d’un gabarit modeste, Artemi Panarin a tout emporté sur son passage pour sa première saison NHL. Rapide, adroit, créatif, le petit Russe a d’emblée intégré le top 10 des scoreurs NHL (30 buts, 47 passes), et a trouvé une belle alchimie avec Artem Anisimov et Patrick Kane. Il doit confirmer cette année, d’autant qu’il sera en fin de contrat en juin. S’il devait renouveler ses performances de l’an dernier, gageons que l’augmentation serait salée… et les maux de têtes de Stan Bowman accentués…

La relève :
PAS GLORIEUX

Alex DeBrincat

Classement ESPN: 20e
Ils sont nombreux à pouvoir viser  une saison avec le grand club dès cette année. Mais à part Nick Schmaltz (20e overall en 2014), c’est plus faut de mieux que parce que les McNeill (18e overall en 2011), Hartman (30e overall en 2013) et autres sont des blue chippers. La nouvelle génération des Blackhawks n’est en effet pas très prometteuse. Citons quand même le rapide ailier US Tyler Motte (121e overall en 2013), le solide défenseur de Notre Dame Dennis Gilbert (91e overall en 2015) ou le très intelligent blueliner finlandais Ville Pokka (34e overall en 2012, choix de Islanders). A surveiller aussi le minuscule, mais très fort scoreur Alex DeBrincat, repêché l’été dernier (39e overall), comme Chad Krys (45e overall)  et Artur Kayumov (50e overall). Petite curiosité, les Hawks ont aussi repêché un gardien… belge, Wouter Peeters (83e overall)

Le pronostic de TPPQB

L’élimination au premier tour l’an dernier combinée à une nouvelle saignée estivale instillent forcément le doute. Coincés par le plafond salarial comme leurs rivaux de Los Angeles, les Hawks semblent toutefois avoir gardé plus de très grands talents. Mais ils doivent évoluer dans la division la plus forte de la ligue. Ils batailleront avec Dallas, St Louis ou Nashville pour la tête de la division centrale. Mais un finish au 4e rang est tout à fait envisageable. Par contre, une fois en playoffs, et si les jeunes ont répondu aux attentes, offrant la profondeur nécessaire, cette équipe a de quoi faire des dégâts. Surtout si une envie de revanche l’anime.