Season preview 2015-2016 : Calgary Flames

Western Conference – Pacific division


 

 

Retour de flamme

 

Petit gabarit, mais très gros talent, Johnny Gaudreau a connu une remarquable saison rookie l’an dernier.

Des jeunes, dont certains complètement inattendus, qui brillent de mille feux. Un duo de gardien qui retrouve sa verve. Un groupe qui se resserre après la blessure de son défenseur vedette. Un entraîneur récompensé du trophée de meilleur coach de la ligue. De l’enthousiasme, une ville réconciliée avec sa franchise. Sans oublier les experts et les pronostiqueurs (dont TPPQB) médusés. Il y avait beaucoup d’ingrédients hollywoodiens dans la saison de Calgary l’an dernier. Un scénario qui a même vu les jeunes Flames éliminer les Canucks avant de se faire ramener à la réalité par les Ducks en demi finale de conférence. Et le retour à la réalité, c’est précisément ce que les coéquipiers de Mark Giordano vont tenter d’éviter cette année.
Lors que l’on surprend, que tout semble s’enchaîner à la perfection, la confirmation est souvent délicate. Parlez-en à Colorado. Et pour éviter un crash, le DG des Flames, Brad Treliving, n’a pas ménagé ses efforts. Il a d’abord obtenu Dougie Hamilton, acquis des Bruins contre un choix de première et deux choix de troisième ronde. Un deal qui a laissé la ligue abasourdie tant il ressemble à un steal majeur en faveur des Flames. Mais Treliving n’a pas été actif que sur le marché des échanges, et a su attirer l’agent libre Michael Frolik, un ailier qui devrait donner un peu plus de profondeur à l’attaque albertaine. Pour le reste, l’effectif de Calgary a peu bougé, et l’on compte sur les jeunes talents de l’organisation, Sam Bennett en tête, pour donner l’élan supplémentaire qui pourrait permettre cette si difficile confirmation.

Hamilton-Giordano, duo d’élite
Ce qui est sûr, c’est que Calgary a une marge de progression. L’an dernier, les Flames était l’une des équipes les plus faibles de la ligue si l’on se contente d’observer les statistiques de possession. Et pourtant, Gaudreau et compagnie disposaient de la sixième attaque de la ligue (2,89 buts par match), malgré un powerplay qui ne faisait pas d’étincelles (18,8%, 13e de la ligue). Quant à la défense, elle était un peu moins saignante (2,60 buts par match, 16e NHL), avec un PK plutôt moyen (80,6%).
Mais avec l’arrivé de Dougie Hamilton (lire ci-contre) et le retour en santé de Mark Giordano, que Calgary a prolongé à un tarif intéressant cet été (contrat de 6 ans à 6,75 M$ par saison), les Flames vont disposer d’une défense de très gros calibre. Alors qu’il était sur les bases de la saison de sa vie, et même probablement d’une nomination pour le trophée Norris, Mark Giordano a vu sa saison interrompue par une blessure au biceps. Depuis deux saisons, ce joueur qui a dû faire ses armes en Russie avant de trouver sa place en NHL, s’est glissé dans le haut du panier des défenseurs de la ligue. Sur la deuxième unité, on devrait retrouver TJ Brodie, un défenseur à l’émergence tardive, qui se distingue par son excellent coup de patin et progresse chaque année en terme de production offensive. Il sera sans doute associé à Kriss Russell, un arrière assez quelconque jusqu’à présent, mais qui a connu une très belle saison l’an dernier. Sur la troisième paire, on devrait retrouver le solide Ladislav Smid (touché au cou, il ne devrait toutefois pas démarrer la saison), associé à Dennis Wideman. Gratifié d’un gros contrat par le précédent DG, Jay Feaster, Wideman a été écarté par son entraîneur en début de saison, avant de reconquérir sa place et de réaliser une belle saison pour les Flames. Il vient compléter un groupe de défenseur très intéressant, peut-être le sextet le plus costaud de la ligue, avec en son sein quelques très gros talents. Et même en cas de blessure, Calgray aura des solutions, puisque Deryk Engelland est aussi là, de même que le jeune Tyler Wotherspoon.

Duel de gardiens
Chez les hommes masqués, la hiérarchie n’est, par contre, pas extrêmement claire. Le Suisse Jonas Hiller a connu une saison plutôt bonne (2,36 buts par match, 91,8% d’arrêts), mais il reste sous la menace du Finlandais Kari Ramo (2,60 buts par match, 91,2% d’arrêts). Les deux gardiens ont des styles très différents, et, de fait, assez complémentaires. Mais la proximité de leur niveau risque de rendre la concurrence intense. Hiller a disputé 52 matchs contre 34 à Ramo l’an dernier. En playoffs, la proportion était similaire avec 7 départs pour Hiller et 4 pour Ramo. Pas sûr que ce genre de situation soit tenable à long terme, ni pour le Suisse, constamment sous pression, ni pour le Finlandais, qui peut légitimement espérer un poste de numéro 1 dans la ligue.
En attaque, Calgary ne dispose pas d’une armada, mais de quelques joueurs de grand talent quand même. A commencer par Sean Monahan, qui pivotera le premier trio. L’ancien des 67’s d’Ottawa est l’image même de la fiabilité depuis son arrivée dans la ligue voici deux saisons. Gros gabarit, puissant, travailleur et très responsable défensivement, Monahan ne manque pas de qualités techniques. L’an dernier, il a quasiment doublé la production de sa saison rookie (de 34 points, dont 22 buts à 62 points, dont 31 buts). Il est l’homme de base de l’attaque des Flames pour les années à venir. A ses côtés, difficile de trouver un joueur plus spectaculaire que Johnny Gaudreau. Le petit magicien américain a été l’une des belles révélation de la saison NHL, grâce à une créativité, une vision, et un enthousiasme jamais démentis. Auteur de 64 points en saison régulière, il a continué sur sa lancée en playoffs avec 9 points en 11 matchs. Il devra confirmer cette année, mais est déjà l’une des attractions de la conférence Ouest. Enfin, le troisième larron de cet excellent premier trio est le Tchèque Jiri Hudler. Avec ses deux jeunes partenaires, l’ancien Red Wing a connu la meilleure saison de sa carrière, terminant 8e scoreur de la ligue. Joueur remarquablement intelligent, Hudler sera lui aussi très attendu cette saison. Mais il a le talent pour relever le défi.

Plus d’énergie que de talent 
Sur la deuxième unité, le niveau de talent baisse d’un bon cran. Le Suédois Mikael Backlund devrait être associé à Michael Frolik et Mayson Raymond, à moins que Sam Bennett, le grand espoir de l’organisation, ne déloge ce dernier lors du camp d’entraînement. Backlund, longtemps considéré comme le seul véritable talent offensif du prospect pool de Calgary, a mis longtemps à s’imposer au niveau NHL. La saison dernière l’a vu manquer trente matchs pour cause de blessure, mais les Flames ont considéré que ce qu’il avait montré méritait une prolongation (3 ans, 3,5M$ par saison) et lui confieront le poste de deuxième centre. A son aile, Mason Raymond avait bien démarré la saison avant de se blesser. Sa place est menacée par les jeunes talents de l’organisation, d’autant que son contrat prend fin en juin prochain. Enfin, Frolik devrait apporter sa taille, sa touche offensive, et surtout la qualité de son jeu défensif. De quoi rendre un peu plus crédible le secondary scoring des Flames.
Sur la troisième unité, le vétéran Matt Stajan, l’un des bons troisièmes centres de la ligue, pourrait être associé au power forward Lance Bouma, qui a connu la meilleure saison de sa carrière l’an dernier, et à l’ancien grand espoir des Bruins et des Leafs, Joe Colborne, qui a, lui aussi, vu sa progression freinée par les blessures l’an dernier. Colborne ne sera sans doute jamais le gros centre offensif que tout le monde attendait, mais s’il continue à s’améliorer, il devrait s’établir comme un solide joueur top 6, doté en outre d’un gabarit enviable. Enfin, sur le quatrième trio, on devrait retrouver deux des bonnes surprises de l’an dernier, Josh Jooris et Michael Ferland, ainsi que le vétéran David Jones. L’ensemble manque un peu de qualités offensives, et devra répondre à toutes les attentes suscitées par cette saison miraculeuse. Bob Hartley, le coach, a du travail devant lui.


Le lineup probable

Johnny Gaudreau (#13) – Sean Monahan (#23) – Jiri Hudler (#24)
Mason Raymond(#21) – Mikael Backlund (#11) – Michael Frolik (#67)
Lance Bouma (#17) – Matt Stajan (#18) – Joe Colborne (#8)
Michael Ferland (#79) – Josh Jooris (#16) – David Jones (#19)
Sam Bennett (#93)

Mark Giordano (#5) – Dougie Hamilton (#25)
TJ Brodie (#7) – Kriss Russell (#4)
Dennis Wideman (#6) – Ladislav Smid (#15)
Deryk Engelland (#29)

Jonas Hiller (#1)
Kari Ramo (#31)

Coach: Bob Hartley


L’an dernier:

8e de la conférence Ouest avec 97 points, éliminés au deuxième tour des playoffs par les Ducks d’Anaheim (4-1). Meilleur pointeur: Jiri Hudler (76 points); meilleurs buteurs: Jiri Hudler et Sean Monahan (31 buts).

Le joueur à suivre :
Dougie Hamilton

Il était l’héritier de Zdeno Chara. Obtenu par les Bruins grâce à l’échange de Phil Kessel, le 9e choix du repêchage 2011 avait offert à Boston son futur défenseur numéro 1. Mais faute de s’entendre avec lui sur une prolongation de contrat, Don Sweeney, a choisi de l’échanger à Calgary. Il sera la pierre angulaire de la défense albertaine des années à venir. Mais à court terme, il reprendra un poste de numéro 2 proche de celui qu’il occupait à Boston, avec Mark Giordano dans le rôle de Zdeno Chara. Hamilton a tout pour devenir un défenseur de premier plan dans la ligue, pour peu qu’il digère bien son départ de Boston.

La relève :
Solide partout

Sam Bennett

Même avec un front office à la perspicacité plus que douteuse, les quelques saisons de médiocrité qu’a connu Calgary ont permis de regonfler sérieusement son prospect pool. Le joyau en est évidemment Sam Bennett, 4e choix overall en 2014, un centre two way très doué, au leadership et à l’engagement remarquables, qui a déjà pointé son nez avec les Flames. On pourra citer aussi le Québécois Emile Poirier (22e overall en 2013), un ailier rapide qui démontre de belles qualités de marqueur, et le power forward en devenir Michael Ferland (133e overall en 2010). En défense, Calgary a tenté un coup de poker avec le Suédois Oliver Kylington (60e overall en 2015), très gros talent, mais qui a beaucoup déçu lors de son année de repêchage, et un coup un peu plus sûr avec son compatriote Rasmus Andersson (53e overall en 2015), l’un des meilleurs défenseurs de l’OHL l’an dernier. On compte aussi sur Tyler Wotherspoon (57e overall en 2011), un arrière défensif solide, pour chatouiller les titulaires des Flames dès cette saison. Enfin, dans les buts, le Finlandais Joni Ortio (171e overall en 2009) et l’Américain Jon Gillies (75e overall en 2012) ont le potentiel pour évoluer un jour au niveau NHL.

Le pronostic de TPPQB

En hockey comme dans la plupart des sports collectifs, la saison de la confirmation est toujours la plus difficile, mais Calgary s’est sérieusement renforcé pour répondre à ce défi. Un petit recul serait tout sauf une surprise, surtout si la concurrence des gardiens se retourne contre les Flames. Mais, à TPPQB, on aime beaucoup la défense albertaine, et le talent du premier trio. Et on mettrait bien une pièce sur un finish aux alentours de la 8e place, pour un retour en playoffs.